Je ne suis pas Charlie

Entends-moi bien : je suis désolée et consternée que 17 personnes aient été descendues par 3 extrémistes armés.

Contre-nationalistes-et-religieux

Comme je suis désolée et consternée que plus de 100 femmes soient tuées en France par leurs conjoints chaque année ou que plus de 400 personnes meurent dans la rue, toujours en France. Ne parlons même pas des migrant-es noyé-es en méditerranée, des victimes de la police ici et ailleurs, des victimes des guerres que les pays riches alimentent, des massacres de femmes et fillettes, en groupes ou à l’unité. Sans minutes de silence ou union nationale. Si je suis quelque chose d’autre que moi, c’est .

Je ne pense pas que la liberté d’expression soit menacée en France (si ce n’est par les lois liberticides qui vont nous tomber sur le poil incessamment sous peu). Et si c’était le cas, ce n’est certes pas des grands rassemblements apolitiques qui y pourraient quelque chose.

Je ne serai jamais unie avec l’UMP, le PS, la CGC ou l’UNSA (entre autres), ni avec les dirigeant-es politiques de partout et d’ailleurs qui vont venir à Paris dimanche. Ni avec le RAID, ou le GIGN ou d’autres forces de répression.  Ce sont mes ennemis, attentat ou pas.

Et oui, ces meurtres ont tout à voir avec la religion. Comme les meurtres de médecins avorteurs aux USA entre autres milliers d’exemples. Par contre, on ne devrait pas avoir à dire qu’ils n’ont rien à voir avec les croyant-es ordinaires. Qui n’ont à se justifier ou à se désolidariser de rien. Le leur demander (ou même trouver ça trop admirable), c’est juste les assimiler à ces crimes).

Dieu n’existe pas et les religions sont au minimum des illusions, au pire des outils d’embrigadement pour extrêmistes. Et sans elles, les hommes (volontairement non féminisé) seraient obligés de faire preuve de plus d’imagination pour s’entre-tuer. Les croyant-es sont comme les athées, varié-es, du pire au meilleur. La naïveté n’est pas un crime.

Je conclus avec la fin d’un communiqué Al/NPA/PCOF :

Plus généralement, parmi les forces politiques qui s’indignent aujourd’hui, bon nombre sont en grande partie responsables du climat délétère de par leur stigmatisation des travailleurs-ses immigré-e-s et de leurs enfants, en particulier lorsqu’ils sont supposés musulmans.
Cette récupération est d’autant plus indigne que les journalistes de Charlie Hebdo assassinés n’hésitaient pas à condamner les politiques des Hollande, Sarkozy ou Le Pen. S’il avait fallu écouter le PS et l’UMP, le FN aurait dû être invité à leur « marche républicaine » de dimanche. Qu’auraient pensé de tout cela les journalistes assassinés ?  
Nous regrettons la transformation de la manifestation de dimanche prochain, initiée par les organisations antiracistes, en une « marche républicaine » dont Valls se voudrait l’organisateur et où Sarkozy défilera. Farouches opposants de « l’unité nationale » pour les raisons décrites plus haut, nous ne participerons pas à cette marche. Il est de toute première urgence que celles et ceux qui sont révolté-e-s par cet attentat fasciste et refusent de défiler derrière Sarkozy et Valls, qui veulent résister au racisme et combattre les discriminations, qui s’opposent aux politiques sécuritaires et liberticides se regroupent et reprennent l’offensive.

2 réflexions au sujet de « Je ne suis pas Charlie »

  1. Phlune

    « Je ne pense pas que la liberté d’expression soit menacée en France (si ce n’est par les lois liberticides qui vont nous tomber sur le poil incessamment sous peu) »
    Précisément …

    « Et sans elles, les hommes (volontairement non féminisé) seraient obligés de faire preuve de plus d’imagination pour s’entre-tuer. »
    Y a manifestement pas besoin de beaucoup d’imagination pour s’entretuer, même celle, basique, de l’empathie DOIT au contraire être éliminée pour ça, c’est plus efficace.

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  2. Gaielle

    Me revoici sur le Net, pour l’occasion.
    Je suis bien d’accord. J’y ajoute pour ma part un petit problème avec certaines déviances de l’athéisme antireligieux vers un certain racisme. Et pourtant, comme c’est difficile à faire entendre autour de nous ! Mon Nours a failli se faire renier par ses potes de toujours de la MJC, sa famille a eu du mal à comprendre. Le refus de l’unité est tout de suite taxé d’appel à monter les uns contre les autres dans un moment où « on a besoin d’être unis ». (On n’a même plus le droit de faire de reprendre l’humour noir ou de mauvais goût.)

    Alors que l’union avec ceux qui commençaient déjà dimanche sur la place du village à pérorer en public (lors qu’un rassemblement populaire suite aux événements, pas à la sortie de la messe ou pendant le marché) que c’est pas pour rien qu’on dit qu’il faut arrêter l’immigration etc. très peu pour moi. Pas envie d’avoir un amalgame.

    Dans ma contrée, la grosse manif n’était pas politisée, pas de personnalités mises en avant, pas de chants, juste des crayons dressés et des vagues d’applaudissement. J’y suis allée à reculons par solidarité avec ma famille (qui ne voit que le côté positif des choses) mais si ça avait été autrement j’en serais repartie illico. Et même ma famille n’aurait pas mis un pied à celle de Paris.

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