Selon que vous serez flic ou femme battue, les jugements vous rendront blanc ou noir

En 2012, Jacqueline Sauvage a tué son mari de trois coups de fusil dans le dos. Ce dernier la battait et la violait depuis 47 ans. À 66 ans, Jacqueline Sauvage a été condamnée en appel à 10 ans de prison pour cet acte.

Le policier Damien Saboundjian a été acquitté vendredi 15 janvier par la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis du chef de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il était jugé pour avoir tué d’une balle dans le dos un malfaiteur, Amine Bentounsi, en avril 2012, à Noisy-le-Sec

Qu’ajouter ???

Le SMIC net va augmenter de 6 euros par mois

Soit 6 centimes de l’heure. Les décideurs n’ont aucune honte à condamner des gens à vivre avec un gros 1 100 euros net tandis qu’eux se gobergent et s’empifrent à nos frais. Pour notre bien, si, si, ils expliquent.

Dans le contexte actuel, nous considérons qu’un « coup de pouce » n’est pas la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d’achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l’emploi

9 milliards d’euros : C’est ce que coûterait un vrai coup de pouce au Smic, de 1143 euros à 1500 euros. L’équivalent de l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires des seules entreprises du CAC 40 sur un an…

Tout militait pour une absence de coup de pouce. C’est d’ailleurs ce qu’avait prôné le groupe d’experts mandaté pour plancher sur le sujet. Ces derniers avaient jugé qu’une accélération de la hausse des salaires enverrait un mauvais signal au moment où l’amélioration du marché de l’emploi reste incertaine.

 

billet3

 

billet2

 

billet1

La violence du patriarcat : 10 ans de taule après 47 ans de violences subies

Jacqueline Sauvage a vu sa condamnation à 10 ans ferme confirmée par la cour d’Appel. Elle a subi 47 ans de violences conjugales (toute sa vie d’adulte), ses filles ont été violées et battues, son fils a été battu. Le lendemain du suicide de celui-ci (qu’elle ignorait semble-t-il), elle abat leur bourreau à toustes de 3 balles dans le dos.

La justice, en la parole du procureur, argue que 3 balles dans le dos, ce n’est pas de la légitime défense… Sérieux ?

Un rapprochement intéressant : Cantat avait pris 8 ans…

 

Les mariages forcés de mineures en France

Elles partirent 70 000 mariées de force et par une prompte lecture se retrouvèrent  beaucoup moins en arrivant au port

Y’a un site qui s’appelle L’important et qui fait une sorte de synthèse ? sélection ? des infos pour les réseaux sociaux.

Avec des titres qui attirent l’oeil, l’indignation, la stupéfaction ou n’importe quoi qui fait cliquer le lectorat pour qu’il retweete, like ou autres actes conditionnés sur les réseaux sociaux. J’ai chopé l’info dans un tweet du blog d’info féministe (tendance journaliste donc pas radicale) les Martiennes (je tweete pas, je m’informe, essentiellement sur… le féminisme, étonnant non ?)

Et voici un joli titre à faire buzzer les racistes : « 70.000 mineures concernées par le mariage forcé en France ». Oups, étonnée (70 000 mineures mariées de force ? en France ?) 240 000 mariages dans l’année, plus d’un quart concernerait des gamines violées ? J’extrapole, y’ a pas marqué « chaque année ». C’est peut-être un stock, pas un flux. Lire la suite

Mes seins, ma décision

Ce matin, vers 10h, le Monde a mis en ligne un article qui se demande « Pourquoi les Françaises n’allaitent pas aussi longtemps que le préconise l’OMS ». Enfin, non, ça c’est le titre de 11h30, au début, c’était (et l’url en atteste) : « Pourquoi les Françaises n’allaitent pas assez longtemps »….
Un joli titre bien culpabilisant, saletés de françaises même pas foutues d’allaiter leurs mignons bébés. Pour aller bosser sûrement…  Z’ont dû se faire twittengueuler par des féministes, (longtemps par rapport à quelle norme ?) z’ont changé le titre.

Le titre en papier c’est : « Quatre bébés sur cinq ne sont plus allaités à 6 mois ».

Lire la suite

Quand un type obstiné essaie d’inciter à la prostitution

Première tentative. Un peu transparente. Recherche une femme douce et réservée pour des soins personnalisés (je corrige les fôtes), même débutante. Titre de l’annonce « Soins particuliers ». Peu discrète annonce d’incitation à la prostitution. Leboncoin l’a faite disparaître dès mon signalement

Lire la suite

Enfants de 14

Enfants de 14

Henri avait 8 ou 9 ans quand a éclaté la Grande Guerre.
(La Der des Der, comme d’hab)

Il est sorti de l’école vers 11 ou 12 ans, comme la plupart des mômes pauvres de ce temps.
A cette époque il n’y avait pas de chômage, même pour les enfants
on lui a trouvé une place chez des paysans …

Je ne sais que des bribes.

Noémie, morte l’année dernière à 106 ans fut sa femme.
Pas davantage d’études, mais elle, à 90 ans, pouvait encore rédiger des lettres de trois pages sans une faute d’orthographe.
Son mari (puisque Noémie était ma grand’mère, voilà, vous savez tout) avait, de son côté, quasi tout oublié.

Sauf les chiffres.

C’est utile, les chiffres, par exemple, dans la charpente.
Henri a été charpentier, un temps.

Au régiment, il a eu l’occasion de voir Chartres.
50 ans, après il en parlait encore, à moi seul(e), comme en secret, disant :

« Pito … la main humaine, tu comprends ?
La main humaine… c’est ELLE qui a fait ÇA … »

Il a aussi travaillé dans les carrières de Pagnac, en Limousin.
Il a fini en élevant une douzaine de vaches, avec Noémie.

Elle savait bien négocier et vendre les veaux, les vaches, et quand l’un ou l’une  partait chez le marchand, grand’père tombait malade.

Trois jours, des fois.

La Rouge, la Mignonne, limousines classiques, la Sorayah et sa fille la Farah, vaches normandes, et puis les cochons, Pompidou et Couve-de-Murville … : même pour les bouffer ensuite, on nommait encore ces animaux, à l’époque.
J’ai apprivoisé une poule, la Kôh, une amie qu’ils ont eu la gentillesse de laisser mourir de vieillesse.

Noémie a passé son permis à bientôt 70 ans, sur une Diane automatique, c’est avec elle au volant que j’ai connu les plus fabuleuses trouilles routières de ma vie.
Elle a aussi voulu une télévision. (Elle portait la culotte, Noémie)

Devant la TV, Henri, qui ne savait plus ni lire ni écrire depuis belle lurette, jouait l’imprécateur apocalyptique et goguenard :
« Cette machine a été inventée pour penser à ta place. Elle MENT, sans arrêt. Elle fera de toi ce qu’elle voudra, Findo ! ».

Noémie pensait : « Chante, beau merle »,
et quand le grand père est mort elle a regardé tous les jours les Feux de l’Amour, sans même avoir besoin de passer par une maison de retraite où ce genre de programme semble obligatoire.

Le grand’père est parti bien plus tôt qu’elle, fin des années 80, sans plus toute sa raison, les derniers jours, m’a-t-on dit, et Mamie est restée seule avec sa fille Renée, devenue veuve elle-même un an plus tard, qu’elle n’a jamais aimée, et dont je t’ai parlé dans le premier chapitre (ma mère, donc).

Le grand-père savait des choses, dont se taire, et le jardin.

J’ai couru après ces héritages, mais sauter la génération intermédiaire a suffi à en diluer l’absolue nécessité, en sorte que je n’ai rien appris du jardin, et suis restée infirme de ça,
et j’ai gardé une croyance dans la parole, sans savoir à mon tour s’il faut s’adapter à la guerre, à la paix des cimetières ou celle des supermarchés.

***

Il faudra bien un jour que je me décide une fois à voir Chartres, ne serait-ce que pour savoir enfin si, oui ou non, j’ai bien compris ce que me disait Henri, le petit paysan illettré de la Grande Guerre