Le(s) suiveur(s) des choses.

jeudi 15 mai 2008

L'insurrection qui ne vient pas

Je suis allée à la manifestation de défense de la fonction publique.

Essentiellement pour soutenir les lycéens et lycéennes qui manifestaient une fois de plus.

Avant la manif, je me demandais quel slogan je pourrais brandir.

Dans la ligne syndicale : "Non  aux suppressions de postes" ? "Pour un service public de qualité" ?
Dans la ligne de mes convictions politiques :"Autogestion des services publics" ?  "Réappropriation des services publics" ? "Gratuité des services publics" ?
Pour jouer : "Grève générale, illimitée, expropriatrice et joyeuse" ?
J'aurais pu aussi distribuer des tracts qui disent "Passons à l'offensive". J'ai laissé tomber. Je suis juste allée faire nombre.

Ces grèves d'une journée, avec manifestations animées par les syndicats, obéissant à des rituels plus qu'amortis sont tellement inutiles et inadaptées à la situation d'aujourd'hui.
D'ailleurs, elles n'ont jamais été adaptées. Les victoires résultent toujours de conflits longs, de confrontations qui mettent en difficultés pouvoir et capitalistes.
Mais aujourd'hui où la guerre de classes est plus active que jamais, ces journées inutiles sont infiniment plus décourageantes que stimulantes.
Annonce d'une réforme, cris, grève d'une journée, acceptation par les confédérations syndicales pour "sauver" quelque chose (qui sera repris dans quelques mois) et... on recommence. Les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent.

Replacés dans un contexte international, ces soubresauts n'ont aucune importance. Les pauvres s'appauvrissent : pas grave, de grands marchés attendent les entreprises françaises en Asie. Et ça fait de la main d'oeuvre taillable et corvéable à merci, pour pas cher. Suffit juste d'avoir assez de flics pour maintenir l'ordre. Et ce ne sont pas les vocations qui manquent.

Alors je vous reparle du petit livre "L'insurrection qui vient". (Auteur : le "comité invisible", éditions La Fabrique). Le livre dont certains articles sur le retour des anarcho-terroristes citent la possession comme un indice d'anarcho-terrorisme.

Il y est décrit comment s'organiser en "communes" pour sortir du système et lutter contre. Je suis trop bien "intégrée" je crois pour adhérer totalement, encore que, si je rencontrais un collectif motivant, la question pourrait réellement se poser. On y trouve aussi les étapes possibles d'une insurrection.

Mais ce qui m'intéresse le plus, parce qu'il interroge et bouscule mes certitudes militantes, c'est le petit chapitre "En route". Que voici donc.

Une insurrection, nous ne voyons même plus par où ça commence. Soixante ans de pacification, de suspension des bouleversements historiques, soixante ans d'anesthésie démocratique et de gestion des évènements ont affaibli en nous une certaine perception abrupte du réel, le sens partisan de la guerre en cours. C'est cette perception qu'il faut recouvrer, pour commencer.
Il n'y a pas à s'indigner du fait que s'applique depuis cinq ans une loi aussi notoirement anticonstitutionnelle que la loi sur la Sécurité quotidienne. Il est vain de protester légalement contre l'implosion achevée du cadre légal. Il faut s'organiser en conséquence.
Il n'y a pas à s'engager dans tel ou tel collectif citoyen, dans telle ou telle impasse d'extrême gauche, dans la dernière imposture associative. Toutes les organisations qui prétendent contester l'ordre présent ont elles-mêmes, en plus fantoche, la forme, les moeurs et le langage d'Etats miniatures. Toutes les velléités de "faire de la politique autrement" n'ont jamais contribué, à ce jour, qu'à l'extension indéfinie des pseudopodes étatiques.
Il n'y a plus à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction ; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l'information apparente.
Il n'y a plus à attendre - une éclaircie, la révolution, l'apocalypse nucléaire ou un mouvement social. Attendre encore est une folie. La catastrophe n'est pas ce qui vient, mais ce qui est là. Nous nous situons d'ores et déjà dans le mouvement d'effondrement d'une civilisation. C'est là qu'il faut prendre parti.
Ne plus attendre, c'est d'une manière ou d'une autre entrer dans la logique insurrectionnelle. C'est entendre à nouveau, dans la voix de nos gouvernants, le léger tremblement de terreur qui ne les quitte jamais. Car gouverner n'a jamais été autre chose que repousser par mille subterfuges le moment où la foule vous pendra, et tout acte de gouvernement rien qu'une façon de ne pas perdre le contrôle de la population.
Nous partons d'un point d'extrême isolement, d'extrême impuissance. Tout est à bâtir d'un processus insurrectionnel. Rien ne paraît moins probable qu'une insurrection, mais rien n'est plus nécessaire.

Sinon, j'ai lu "La désobéissance civile " de Thoreau, et après j'ai envoyé le chèque de mon deuxième tiers des impôts sur le revenu. Contradictions ?

mercredi 14 mai 2008

A poils laineux

Parfois, ce que je vois ou entends me paraît irréel. J'attends de me réveiller, et je ne me réveille pas.

Au boulot hier, à la pause thé-café :

"Non, c'est pas terrible, après, les poils, ils repoussent sous la peau"
"Oui, mais ils sortent un épilateur laser à utiliser à la maison, ça a l'air bien"
"Dans les publicités, on voit des hommes maintenant, c'est bien. Les poils sur les épaules, c'est pas beau"

Je suis retournée bosser dans mon bureau.

Sinon, non, on n'a pas parlé du la journée de grève et de manifestations de demain.

samedi 10 mai 2008

Quand un funambule perd le fil...!

Ça fait quelques jours que ça tourne, comme de sinistres moustiques dans une nuit d'été un peu prématurée. Dans ces cas là, il faut éteindre la lumière, mais là non, j'y arrive pas!

La camarde, rôde encore, elle a des comptes à régler avec moi; déjà il y a une quinzaine, cette belle amie qui se fait la malle, sans crier gare, mais bon trop de souffrances, c'est trop! Et puis là, lui, il s'en va aussi...! Marre!

Je ne l'ai pas su tout de suite, mais Fafa s'est tiré, lui aussi, là comme ça, le 20 avril, Farid Chopel a tiré sa révérence et j'ai l'impression qu'il est encore là bas, au bout de l'allée! Certains d'entre vous l'ont peut être connu, Farid le Kabyle, plus qu'habile, un danseur extraordinaire, un mîme fabuleux et un mîme qui parlait en plus, un langage incompréhensible bien sur, fait de tous les langages et que bien sur, si on voulait s'en donner la peine, on comprenait !

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vendredi 9 mai 2008

Ça peut mal finir.

Une campagne d'affichage est venue ce matin percuter les réflexions que m'inspirait la lecture de ce billet du Yéti pendant que je roulais peinard en ce matin très calme de banlieue Parisienne. Canal+ fait en ce moment la retape pour sa série « Engrenages », et le slogan m'a comme qui dirait sauté à la gueule :

« Ne commencez pas, ça pourrait finir mal ».

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Encore plus n'importe quoi que d'habitude

L’essence est trop chère, y’a plus de boulot et de toute façon on veut plus bosser, les patrons sont pas gentils, les zotres sont des veaux, y’a rien qui va. Oui mais le fond de l’air est tiède, le pont est long, y’a les ami-es et la sieste, et tellement d’informations réjouissantes !

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jeudi 8 mai 2008

Mépris de classe.

Pendant que l'on explose avec application le dogme du travail dans l'excellent fil de discussion de ce billet de Swami, les dégâts collatéraux de cette activité humaine, dont certains aimeraient nous convaincre qu'elle est naturelle, me trotte dans la tête.

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mardi 6 mai 2008

Allez, ça détend.

Les occasions sont rares, je vous en fais profiter.
Ma petite "rigolade du jour" du jour, c'est l'ANPE qui me l'offre (à croire qu'en ce moment...)
Il conviendra, pour se mettre en de bonnes dispositions, de se souvenir que le "N" de ANPE, c'est pour "Nationale".

Un truc sérieux, donc.

Vous êtes prèts ? on y va :

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dimanche 4 mai 2008

Faits divers

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vendredi 2 mai 2008

on nous prend officiellement pour des merdes (*)

Faites circuler : une Aube Nouvelle Pour l'Esclavage se lève !

Lisez donc cette offre d'emploi (onglet "Candidat" en haut, rubrique "Offres d'emploi", catégorie "Par numéro d'offre", entrer le numero : 637400L)

Et les choses étant, comme vous savez, si... volatiles avec le web, un peu d'archivage ne devrait pas faire de mal.

(*Titre emprunté à un commentaire de ce billet du politburo, dont je relaie ici l'info.)

mercredi 30 avril 2008

L'insurrection qui vient - début

L'insurrection qui vient
comité invisible - La fabrique éditions - 7 euros (à ce prix là, pas de raison de se priver)

J'avais déjà copié le premier extrait ci-dessous chez Swâmi. Ce petit livre est absolument stimulant quand on a l'habitude d'une réflexion plus traditionnellement luttes du mouvement social telles qu'on les connaît (syndicalisme, politique, solidarité...). En particulier dans la partie qui parle de s'organiser en communes, rejetant fermement à la fois les organisations et les milieux militants.

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lundi 28 avril 2008

Le courriel, un progrès ?

Je communique beaucoup par courriel, à titre purement privé, à titre militant, et évidemment à titre professionnel (encore qu’en ce moment, ce ne soit que moyennement le cas dans le milieu où j’œuvre, on échange plutôt des disquettes ;-)).

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mercredi 23 avril 2008

Nos Plombiers Polonais.

Il s'agit d'une machine. Une grosse machine. Le trou qu'il a fallu creuser pour ses fondations faisait plus de cinq cent mètres de long, presque cent de large. Maintenant, c'est un bâtiment de quatre niveaux, dont deux enterrés. Le ventre de la machine racle le calcaire presque dix mètres sous le niveau du fleuve, comme une grosse barge en béton échouée sur les berges, qui se serait enfoncée dans la terre sous son propre poids. Le génie de l'ingénieur, vu de l'intérieur après une nuit d'orage, c'est fou ce que c'est gris moche(*). Et humide.

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lundi 21 avril 2008

Les jupes des filles

J'm'étais dit: " Tiens un p'tit billet sur le printemps, ce s'rait de saison!"
Et puis le printemps est un peu long à venir... Vous ne trouvez pas !? Bon alors, j'y vais:
"Elle est là, en face de toi, dans la clarté éblouissante de la mi-avril et les cascades dorées de ses cheveux se perdent dans les flots de lumière qui grignotent la chair tendre et sucrée de son cou gracile.
Tu ne vois même plus la couleur de ses yeux, mais tu la sais !! Bleus, verts, oui tu sais!
L'air a comme un parfum de fleur de cerisier, à peine éclose et tu es sur que la moindre vibration de l'aile du papillon qui tourne autour d'elle, autour de toi, autour de vous va déclencher une cascade de... tu ne sais pas trop de quoi en fait, mais il y aura de la tendresse!! Oui, de la tendresse...
Tu as envie de rire, de sourire, de poser ta main sur sa joue, doucement, pour ne pas froisser l'air, cet air frais et souple qui vous inonde! Tu as envie, et peut-être ce serait comme briser un charme...!
Tout résonne de chants d'oiseaux, même les petits piafs un peu gris, même les pigeons!!
Pourquoi le tissu léger des jupes des filles s'ouvre-t-il comme une corolle au moindre souffle d'air et pourquoi vient-il battre, comme la caresse des doigts sur la peau, les rives soyeuses de leurs cuisses dorées, à peine...! comme l'écume apaisée d'une marée d'équinoxe.
Le parfum d'avril a décidément quelque chose de si subtil que tu en as oublié son nom!"

dimanche 20 avril 2008

Autour de mon nombril

J'ai une famille. Pas une famille que j'ai fabriquée, une famille dont je suis issue. Un endroit où à presque 50 ans, je suis toujours une des enfants.

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mardi 15 avril 2008

La guerre de l'Europe contre les peuples d'Afrique

Des « émeutes de la faim » ont secoué ces derniers jours l’Egypte, le Maroc, l’Indonésie, les Philippines, Haïti — où elles ont fait au moins cinq morts et abouti à la chute du gouvernement —, ainsi que plusieurs pays africains : Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique, Mauritanie, Sénégal, Burkina Faso... Si l’Afrique est particulièrement vulnérable, c’est parce qu’elle subit la « destruction systématique de ses agricultures vivrières », dénonçait Jean Ziegler, rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation, dans un article publié en mars : « Réfugiés de la faim ».

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